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Non-lieux (suite)

 
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Elie During



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MessagePosté le: Dimanche 03 Juin 2007, 10:37    Sujet du message: Non-lieux (suite) Répondre en citant

Je tombe sur cette contribution éclairante à la question des "non-lieux" :

http://www.espacestemps.net/document1975.html

Alexandre Gillet, "Dérives atopiques. Le « non-lieu » ou les errances d’un concept" (mai 2006, Espacestemps.net).

Pour prolonger les discussions d'il y a quelques mois …




Elie During a écrit:
Je reprends le fil du non-lieu avec un peu de retard.

Quelques remarques d'abord, sur lesquelles on n'aura pas de mal à s'entendre :

1) Le non-lieu, tel qu'Augé le caractérise, n'a rien d'un lieu désaffecté, d'un terrain vague, indéterminé : ses exemples privilégiés, il ne les cherche pas dans les friches industrielles ou les béances du tissu urbain (trous, interstices), mais dans les wagon-bars des TGV ou les espaces "duty-free" des aéroports internationaux. Il y a, sur ce point, un contre-sens constant dans les usages qui sont fait de cette idée de non-lieu dans l'art contemporain. Si le non-lieu est sans identité, et même d'une certaine manière sans "propre" (au sens que Merleau-Ponty donne à ce terme dans la citation mentionnée plus haut, il y a quelques mois), ce n'est pas parce qu'il est délaissé, dé-fonctionnalisé, etc., mais parce qu'il fonctionne comme un espace de transit, un espace à partir duquel se redistribuent d'autres lieux (quitte à les vider, du même coup, de leur sens, en en organisant l'équivalence générale : expérience de la lecture en plein vol du magazine "Air France"). Le non-lieu est un sas, un espace de transit. C'est en ce sens qu'il offre la possibilité d'une expérience particulière de la pluralité des lieux, à travers l'expérience étrange d'une sorte de décollement ou d'absence du lieu à lui-même.

2) Le non-lieu est, ensuite, un lieu de solitude, bien qu'il puisse s'agir d'une solitude très peuplée. Plus exactement, Augé veut ressaisir une expérience singulière, propre à la condition "surmoderne" de l'individu contemporain et au genre d'errance qu'il rend possible : expérience de la mise à distance du monde dans l'assomption de la "position du spectateur", qui devient en fait l'essentiel du spectacle. C'est le monde réduit à une série de vignettes dans un guide touristique ou sur des panneaux d'autoroute, ou mieux encore (car l'essentiel est ici l'expérience subjective qui s'organise à travers ces représentations), le monde comme paysage défilant derrière une vitre de TGV (on trouve la description d'une expérience identique, mais interprétée différemment, chez de Certeau dans L'Invention du quotidien). "L'espace du voyageur serait ainsi l'archétype du non-lieu" (Non-lieux, p. 110).

Ceci étant posé, je ne vois pas pourquoi le non-lieu, sans identité ni propre, devrait être pour cela invisible ou inaudible. Augé parvient très bien à les décrire, et même à en détailler les effets subjectifs. Les zones de transit sont souvent des espaces clos, délimités. Il ne va pas les chercher dans les franges de l'urbain ou du social, au point où les identités se défont ou se dissolvent. Il n'a pas besoin non plus de plonger dans les profondeurs de l'inconscient topographique. Les non-lieux n'ont rien d'imaginaire, ils ne sont pas des constructions mentales, mais des lieux bien réels, et même aussi striés, aussi surcodés qu'on voudra. C'est en ce sens, je crois, qu'Augé peut dire qu'ils sont tout le contraire de l'"utopie". (Il resterait à voir quelle relation ils entretiennent avec ce que Foucault appelait de son côté les hétérotopies : voir mon post à ce sujet…).

J'ai l'impression que l'interprétation du non-lieu en termes de "non-dit" fait la part trop belle aux signes et au langage. L'intérêt de l'approche anthropologique d'Augé est au contraire d'en faire l'économie et de s'en tenir à une définition en quelque sorte pragmatique du non-lieu. Ce qui compte, ce n'est pas la suspension ou l'interruption du sens, mais la possibilité d'un nouveau de régime de circulation dans l'espace symbolique : un rapport à la fois plus superficiel et plus réflexif à l'inscription topographique de la culture. La position du spectateur dans laquelle nous place le non-lieu nous incite à objectiver les symboles, à n'en conserver à la limite qu'un pur signe, un emblème dont la valeur finit par être aussi importante que la chose qu'il devrait désigner. Ce qui compte est d'avoir pris la photo de la muraille de Chine, plus encore que de l'avoir vue. Le signe devient un ersatz d'expérience. Tout cela est presque trivial. Mais Marc Augé montre qu'on peut préciser les choses en repartant de Chateaubriand et de toute une tradition du récit de voyage romantique. Enfin, l'essentiel est qu'il ne s'agit pas, à mon sens d'un invisible ou d'un inaudible, mais d'une sorte de dépression symbolique qui finit par écraser la chose (le voyage, l'expérience) sur les signes ou les traces matérielles qui en tiennent lieu. Le non-lieu est l'espace où cette dépression symbolique se convertit en jouissance : état d'apesanteur du voyageur déambulant dans les espaces génériques de l'aéroport, une fois enregistrés ses bagages ; disponibilité contrôlée, livrée à la prolifération des signes d'autres voyages possibles.

Marc Augé m'a avoué qu'à l'époque où il écrivait son livre sur les "non-lieux", il n'avait pas conscience que de Certeau avait fait usage de la même expression pour désigner quelque chose de bien différent. La différence principale, à mon sens, est que la dialectique lieu / non-lieu chez de Certeau fonctionne précisément sur un modèle linguistique : la performance (ambulatoire, par exemple) est une lecture, et donc une performance (sur le modèle de la performance linguistique). Il s'agit d'ouvrir le lieu, et ses codes, à ce qui le déborde ou à d'autres codes hétérogènes. "Non-lieu" désigne justement cette puissance d'ouverture qui travaille tout lieu et contribue à inquiéter la distribution globale des places. Alors on peut parler, pourquoi pas, de l'intervention d'un illsisible (ou d'un inaudible) qui vient troubler l'ordre des lisibilités contrôlées, planifiées. (De Certeau est un des premiers à avoir donné une exégèse du "graph", à partir de son expérience du métro new yorkais). Mais je ne crois pas que ce soit le problème d'Augé. Et de manière générale, je ne crois pas que son travail soit de nature à éclairer ce qui se joue - s'il se joue quelque chose - dans les diverses tentatives contemporaines de réappropriation de la ville à travers l'investissement de ses intervalles ou de ses interstices : un espace auto-géré conquis sur un territoire délaissé (friche, squat), n'a en soi rien d'un "non-lieu". Quant à savoir où l'urbain commence, où il finit dans l'immense nappe périurbaine où s'indistinguent la campagne et la ville, je ne suis pas sûr, là encore, que le non-lieu nous instruise beaucoup. A moins qu'on cherche simplement à désigner le problème par un mot — l'expression "non-lieu" en vaut une autre.

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Nicolas Bouyssi a écrit:
Je recommence… On sait que ce sont les caractéristiques essentielles du lieu anthropologique qui ont permis à Marc Augé de déterminer celles du non-lieu. Mon hypothèse serait donc la suivante : le non-lieu tel qu’Augé a pu le définir, en creux, sans propriété positive, dont on déduit d'un passé nul une temporalité sans avenir, n’est pas un espace invisible mais un espace innommable et inaudible. Lieu tu par excellence, il permettrait pourtant de pénétrer dans l’invisibilité de la ville en produisant des univers de phrases inédits, puisque non-dits. D’une part, parce que le non-lieu n’a a priori pas de « propre » (1). D’autre part, parce que les noms propres des lieux anthropologiques, quand ils prennent place dans les fragments de texte que les non-lieux produisent, ne réfèrent plus vraiment à ces lieux. Ainsi, lorsqu’on découvre le mot « Soissons » au volant de sa voiture et sur une autoroute, lorsqu’on cherche la destination de ses prochaines vacances sur un dépliant d’agence ou face à l’écran de son ordinateur, on rêvasse sans doute d’un ailleurs, mais c’est au beau milieu de nulle part. Le non-lieu ne se contente pas de dissoudre les caractéristiques du lieu anthropologique. En rendant superflue l’expérience de ce lieu par la force d’une simple évocation qui se suffit à elle-même, le commun du non-lieu corrode également la définition du nom propre.

Le premier intérêt du non-lieu serait donc le suivant : sans faire table rase du passé (vu qu’il n’en a pas), il suspend pour un temps, et à sa façon, la perception de la ville comme totalité déjà là et tout entière donnée : le non-lieu, écrit Marc Augé, « existe et il n’abrite aucune société organique »(2). Pour autant, doit-on en conclure, comme lui, que « le non-lieu est le contraire d’une utopie »(3)? Ce refus d’accorder au zéro du non-lieu la moindre propriété positive est d’autant plus étrange que dans la première partie de son livre, Augé reproche lui-même à Marcel Mauss d’avoir fondé sa pratique ethnologique sur l’idée et la « tentation de la totalité » : « nous avons appris à douter des identités absolues, simples et substantielles, tant au plan collectif qu’au plan individuel. Les cultures "travaillent" comme le bois vert et ne constituent jamais des totalités achevées »(4). D’où le second intérêt du non-lieu : les difficultés qu’on peut éprouver à le délimiter, à valider sa réalité, pourrait laisser entendre que les frontières traditionnelles des lieux anthropologiques contemporains sont désormais tout aussi difficiles à circonscrire. Du non-lieu, Marc Augé a laissé entendre qu’« il n’existe jamais sous une forme pure », et qu’il est, comme le lieu, « plutôt une polarité fuyante ». J’aurais envie de dire que les effets de cette souplesse et de cette porosité du non-lieu méritent d'être davantage développées.

1/ Une ville qu’on ne peut plus voir de face mais seulement de profil, une ville dont le maillage se reconstituerait à partir d’une multiplicités de médiations, de totalisations partielles et d’expériences locales, une ville dont on pourrait à terme plus ou moins lointain inférer quelque chose comme une allure, cette ville invisible est-elle encore un lieu audible ?

2/ Ensuite, lorsque Musil suggère de ne « donner au nom de la ville aucune signification particulière », puis déclare que Vienne est « comme toutes les villes », est-ce à dire qu’il y aurait un propre anthropologique de la ville, dont les faubourgs, la campagne, tout le reste, constitueraient le non-lieu (non-lieu d’où une caricature de provincial — déficitaire en histoire, en crise d’identité, et pauvre en relations (réseaux ?) — rêvasserait de la Capitale, comme l’automobiliste, par sa fenêtre, de Soissons) ?



(1) « L’espace du non-lieu ne crée ni identité singulière, ni relation, mais solitude et similitude ». Non-lieux, Paris, Seuil, 1992, p.130.
(2) Op. cit., p.140
(3) Ibid.
(4) Ibid., p. 33.
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Elie During



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MessagePosté le: Dimanche 03 Juin 2007, 16:36    Sujet du message: Non-lieux (suite) + Hétérotopies Répondre en citant

Et aussi, toujours à propos des non-lieux, cette mise au point de Marc Augé, qui nous rappelle que l'importance d'un concept est dans les usages qu'il autorise, non dans les classes d'objets auxquels il serait censé s'appliquer comme une étiquette :

"J'avais risqué cette expression - sans y prêter autrement attention d'ailleurs - par contraste avec ce que traditionnellement l'ethnologie rencontre, à savoir des lieux surchargés de symbolisation. J'ai essayé ensuite de rappeler que le non-lieu était un espace où, a priori, on ne pouvait pas repérer particulièrement de relation sociale. Ce n'étaient pas des espaces de création de relations sociales. C'étaient davantage des espaces de passage, pour des individus solitaires. Mais il est vrai qu'on ne peut pas faire une liste des lieux et des non-lieux. Ainsi un aéroport ne représente pas le même lieu pour un passager qui va prendre son avion et pour le travailleur qui, au quotidien, y a des relations de collègue à collègue… Loin de moi l'idée de dire qu'il y a des non-lieux définitifs. Ce qui m'intéressait plutôt c'était le couple lieu / non-lieu qui permet de caractériser un espace donné en fonction de critères."

(Marc Augé, "L'infinie complexité de la ville contemporain", entretien avec Alain Renk et Anne-Marie Morice, in Art grandeur nature 2006. Mutations urbaines, Synesthésie, 17).

Ce qui vaut des non-lieux vaut peut-être aussi de l'hétérotopie, bien que Foucault ait tendance à présenter la distribution de ces lieux-là comme des propriétés globales de la structure ou de l'espace social, dans une configuration historique donnée. Si l'on suit la suggestion de Marc Augé, il faudrait reconnaître le point suivant : pas plus que les aéroports ne sont des non-lieux par nature ou par destination, les toilettes ou les salles d'attente ne seraient des hétéropies en soi, ou (ce qui ici revient au même) en vertu des propriétés structurelles d'un système d'écarts ou de différences (entre des espaces, entre des places). Du point de vue d'une pragmatique des usages, une hétérotopie doit toujours être opérée. La superposition d'espaces incompatibles n'est jamais une évidence, elle doit être rejouée à chaque fois, localement.


Elie During a écrit:
Je tombe sur cette contribution éclairante à la question des "non-lieux" :

http://www.espacestemps.net/document1975.html

Alexandre Gillet, "Dérives atopiques. Le « non-lieu » ou les errances d’un concept" (mai 2006, Espacestemps.net).

Pour prolonger les discussions d'il y a quelques mois …


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Nicolas Bouyssi



Inscrit le: 18 Mai 2006
Messages: 61

MessagePosté le: Dimanche 03 Juin 2007, 20:32    Sujet du message: Opération Répondre en citant

Les Salles d’attente


Il lui arrive de s’asseoir et de se reposer sur un banc, mais en général ses habitudes sont différentes. Il s’appelle Suzenot et il commence par penser à la mer. Suzenot ignore pourquoi mais c’est l’image de l’eau qui s’impose. Au même moment, il croise les mains derrière sa nuque, ferme les yeux, et fait glisser ses fesses sur la partie de chaise où il s’est assis en étendant ses jambes jusqu’à sentir ses genoux se dissoudre. Suzenot aime à se dire qu’elles sont dépourvues d’articulations. Il est dans une salle d’attente, assis face à un mur. Il y en a un autre sur sa droite, troué d’une porte. Il y en a un autre sur sa gauche, avec une fenêtre. Le mur derrière lui est dépourvu d’ouvertures.

Lorsque ses jambes sont bien molles, et que ses doigts, derrière la nuque, sont suffisamment croisés pour caresser ses boucles blondes, il se sent mieux. Mais cela ne dure qu’un temps. « Pourquoi est-ce que je me sens mieux ? », se dit-il. « Et surtout, par rapport à quoi ? »

Le fait est que Suzenot est incapable de répondre à cette dernière question, bien qu’il se la pose souvent, et qu’elle en devienne même obsédante. Il ne sait pas. Il aime les salles d’attente ; il aime savoir qu’il existe encore des lieux faits pour se détendre, en attendant. Et Suzenot les multiplie : s’il réfléchit, s’il compte sur ses doigts, il en conclut que dans la semaine qui précède, qui vient de s’achever, qui n’existera plus, il s’est levé plus tôt deux fois de suite pour attendre dans la salle d’attente qui a été construite à cet effet, et que personne ne fréquente plus, dans un coin obscur de la gare Saint-Lazare ; il s’y est assis ; il a attendu ; et il a enchaîné, dès le lendemain, avec un rendez-vous chez le docteur, alors qu’il n’était pas malade, et avec trois entretiens chez des entrepreneurs dont il n’avait que faire, étant déjà salarié.

Le docteur et les entrepreneurs lui ont demandé ce qui l’amenait, — quelles étaient ses maladies et ses symptômes, — quelles étaient ses expériences et ses diplômes ; et Suzenot a répondu qu’il n’était pas malade, qu’il avait oublié ses diplômes, qu’il était là pour prendre son temps, parce qu’il aimait bien la forme des chaises : à peine assis, il ne savait plus s’il était posé sur une galette d’osier ou sur un semblant de pouf en simili-cuir. Ses membres, justifiait-il, devenaient mous. Le docteur lui a jeté un regard torve, il a refusé de lui prendre sa carte Vitale. Quant aux entrepreneurs, ils lui ont demandé de déguerpir, et Suzenot a vite compris qu’il devait changer de méthode. Il s’est mis à fréquenter les parkings.

Le parking qui se trouve au croisement des rues Custine et Bachelet, dans le XVIIIe arrondissement, est un lieu calme. On y croise peu de gens, et peu de voitures aussi, finalement. Suzenot le sait bien, et c’est là qu’il se promène maintenant ; le son y est d’une qualité exceptionnelle. Tout bruit décuple son écho. Suzenot entend un pneu qui crisse, une portière qui claque à une distance considérable. Il tend l’oreille. Il sait, pour l’avoir beaucoup fréquenté, que le samedi les conducteurs filent directement à quatre niveaux au dessous du sol. Il n’y aura pas de places de libre ailleurs, doivent-ils se dire. Autant aller tout de suite au fond. Et les pneus crissent. C’est un festival. On est samedi. C’est un rodéo.

La promenade de Suzenot a pourtant lieu au niveau moins un, car Suzenot y a appris beaucoup plus qu’au moins quatre sur les coutumes des conducteurs de véhicule dans les parkings. Il les fréquente parce qu’il se sent en position d’observateur. Qu’est-ce qu’il observe ? Que les gens ont des fantasmes et qu’ils aiment autant que possible mentir et se cacher pour les réaliser. Les gens sont comme Suzenot. « Ils sont comme moi, ils aiment prendre du temps pour détacher leur ceinture de sécurité ; ils aiment souffler face au volant, le regard posé sur rien, sinon le béton contre lequel les phares de leur voiture viennent de s’éteindre. »

Suzenot attend généralement qu’un conducteur se gare, qu’il sorte. Il ne le regarde pas, il n’en a pas les moyens. Suzenot écoute et il s’allonge sur la carlingue encore chaude du véhicule qu’il a visé. Il ferme les yeux. Puis il nage. Il se dit qu’un capot est une chaise chaude. Alors il s’endort.
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