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L'écriture de la ville (2)

 
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Antoine Hatzenberger



Inscrit le: 18 Mai 2006
Messages: 6

MessagePosté le: Mercredi 23 Août 2006, 23:55    Sujet du message: L'écriture de la ville (2) Répondre en citant

L’écriture de la ville (2)


« Stalking the city » (Iain Sinclair)




Géographie subjective ? C’est sans doute une bonne entrée dans le travail de Iain Sinclair

Psychogéographie ? Évidemment, le terme apparaît ici et là dans ses romans et dans ses livres de « prose documentaire » (comme on les qualifie parfois), mais l’auteur lui-même, semble avoir gardé ses distances par rapport à cette notion, et, plus encore, par rapport au mouvement intellectuel qui en fait la théorie.

On pourrait dire que toutes les opérations de Sinclair dérivent de la dérive expérimentale, sans pour autant suivre à la lettre les définitions de l’Internationale situationniste.
Il retranscrit un déplacement dans la ville, déchiffre des plans, trace des cartes, suit des rues, explore des champs spatiaux donnés, traverse des ambiances, rencontre des gens (mortes ou vives), relève des impressions, met des lieux en connexion, délimite un territoire, révèle des réseaux.

La dérive peut durer plusieurs jours et se pratiquer à plusieurs (Debord, "Théorie de la dérive", Bulletin n° 2) : c’est le programme de London Orbital (Londres, Granta Books, 2002, Penguin, 2003).

Le photographe Marc Atkins est un compagnon de route notamment pour cette promenade autour de la M25, et pour les excursions dans l’histoire secrète de Londres de Lights Out for the Territory (Granta Books, 1997, Penguin, 2003).

Autre résultat de ces dérives communes le long de la Tamise : Liquid City de Marc Atkins et Iain Sinclair (Londres, Reaktion Books, 1999).

Quelques photos de Londres par Atkins :
http://www.marcatkins.com/Londonpage.html


Alors, Iain Sinclair psychogéographe ?
Oui, puisqu’il « recherche et transmet les réalités psychogéographiques » (Internationale situationniste, n° 1).
Oui, au sens où une phrase de Debord pourrait servir de blurb pour son roman White Chappell, Scarlet Tracings (Londres, Goldmark, 1987, Granta Books, 1998, Penguin, 2004): « Jack l’Éventreur est probablement psychogéographique dans l’amour » (Potlatch, n° 2, 29 juin 1954).
Oui, mais, semble-t-il, tout en se gardant d’une référence peut-être trop contraignante (ou trop galvaudée), et tout en se méfiant de quelque chose qui pourrait peut-être devenir un simple procédé – comme en attestent deux passages où Sinclair s’explique un peu sur son entente du terme :


The Verbals : Kevin Jackson in conversation with Iain Sinclair, Tonbridge, Worple Press, 2003 :

« The material that’s sometimes called “psychogeography” is loosely based on that era of primitively sounding out place through possession or seance, rather than… trying to summon entities, to communicate with them or control them. It wasn’t that at all. It was as if certain places released voices… more than anything visual, there were no visual hallucinations. […] I think the word first crossed my path in the 1960s, but it didn’t really take. The Situationist Era drifted through me, and I didn’t think I was practising anything which resembled it, until it kicked in as a term employed by Stewart Home and his associates […] I seriously was interested in where things fall on the map. I thought psychogeography could be adapted quite conveniently to forge a franchise – which is what happened, more than I could have imagined ! [Rires] It took off ! I think of it, I suppose, as a psychotic geography – stalking the city. […] You need a bit more bite in the term than the whole ley-line thing which is… a bit soggy… a church tower here, a landmark there – I wanted to include everything. Patterns and lines and ways of moving… […] There are these acoustic chambers in the city, voices and echoes… » (pp. 75-77)


Autre point de vue, exprimé, en passant, dans le roman Dining on Stones (or, the Middle Ground) (Londres, Hamish Hamilton, 2004), sur la vogue psychogéographique dans l’université londonienne – « the current Birkbeckian vogue for psychogeography » :

« Goldsmiths, the RCA. That mob, over the river in Lewisham. They were awash with it. Stewart Home and his chums didn’t realise what a monster they were liberating when they started to rip off Guy Debord and the Lettrists. French philosophers have never played over here ; not on their own terms, not in French. But they get their revenge, in the Brits they choose to honour. In Paris they adore the psychotic nightmares of novelist Derek Raymond (Edgar Wallace noir), a London of rain, festering meat beneath Catford floorboards, rats up the rectum, serial killers with Shelley on the brain ; we suffer wankers spouting Baudrillard, Derrida, flannel about flâneurs. »

Airs de Paris ?
Un petit air d’entente cordiale…


…/…
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Jill Fenton



Inscrit le: 18 Mai 2006
Messages: 11

MessagePosté le: Samedi 09 Décembre 2006, 11:18    Sujet du message: Responding to Antoine Hatzenberger’s écriture de la ville(2) Répondre en citant

Responding to Antoine Hatzenberger’s écriture de la ville (2)

Psychotic geography


I guess I am inquisitive as to your reasoning for associating ‘stalking’ with the dérive and psychogeography. ‘Stalking’ implies harassment, compulsive obsession, not a sense of poetic ambulatory wondering that is evoked in the true dérive inspired by the Surrealists and so named by the Situationists. Psychogeography is about experimentation, while my impression of Sinclair’s drift around the London Orbital M25 is that it is more appropriately underlined by nosiness and curiosity rather than a desire to experiment. Is it a proper dérive, that is, a drift that is devoid of experimentation and motivated by a desire/openness to the unknown and a poetic sense of place? In fact, because you include a quotation by Sinclair it is easy to arrive at an understanding of how he describes his experience of place:

I think of it, I suppose, as a psychotic geography – stalking the city […] I wanted to include everything. Patterns and lines and ways of moving … […] There are these acoustic chambers in the city, voices and echoes … .

My impression is that Sinclair washes his hands of terminology invented by an avant-garde and ‘spouted about’ by French intellectuals.

Jill Fenton
30 November 2006
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