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Prendre possession de la capitale à son insu, Daniel Buren

 
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Auteur Message
Dorothée Dupuis
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MessagePosté le: Lundi 28 Août 2006, 16:20    Sujet du message: Prendre possession de la capitale à son insu, Daniel Buren Répondre en citant

Une oeuvre de Daniel Buren consiste à installer des drapeaux rayés haut perchés sur le toit de certains monuments, et par-là remarquables lorsque l'on se trouve au sommet d'un autre de ces monuments. Le motif de la rayure, utilisé de façon récurrente par Daniel Buren, est devenu sa marque de fabrique, symbole plastique de la pensée de l'artiste occupant littéralement l'espace: les bandes finissent par "penser" l'espace à sa place.
Lorsque l'on voit ces drapeaux flottants comme autant de symboles conquérants sur ces monuments connus, on ne peut s'empêcher de sourire de ce rêve de petit garçon, la conquête un peu martiale de places fortes inaccessibles par la seule installation du motif récurrent devenu blason, insigne de possession. Il s'effectue un basculement d'échelle qui rend cette éventualité possible l'espace d'un instant : la ville comme grand terrain de jeu où l'on pourrait poser ses pions et se réapproprier fièrement les espaces qui nous plaisent le plus.
Bien sûr Buren veut également faire référence à des activités plus politiques, récapitulatrices de ce que fut sa pratique à une certaine époque, à savoir occuper l'espace public avec ce motif qui ne revendique rien, sinon l'autonomie visuelle d'exister pour ne rien dire, comme un être en soi gênant et plein d'une fureur tacite. Cette dimension se double d'un discours sur l'espace alors que les lignes des bandes se mettent à dialoguer avec les lignes érigées des architectures avoisinantes, reprenant leur mécanisme habituel.
Mais je continue de penser que l'intention de Buren est plus malicieuse que cela : partager le plaisir grisant de la possession avec ceux qui sont tout là haut à jouir de cette vue gratuite désormais balisée par ces drapeaux, autant de marques pour se donner la ville, la garder pour soi, bravache, malgré l'évidence de son appartenance à la communauté, une fois redescendu en bas. Parfois je pense aux drapeaux et j'ai l'impression d'être l'invitée de Daniel Buren. Lorsque je marche à Paris je suis un peu chez lui.


Daniel Buren
Les couleurs : sculptures
1975-1977

(Première présentation publique en juin-août 1977 sur les toits de Paris et visible des terrasses du Centre Georges Pompidou (à l'oeil nu ou à l'aide de longues vues).)
Support : Tissu acrylique découpé en bandes égales blanches et colorées (bleu ciel, jaune, orange, rouge, vert de 8,7 cm de large chacune) et cousues entre elles alternativement jusqu'à la constitution d'un élément, 3 longues vues
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