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André Kertész vs Gordon Matta-Clark vs Pierre Huyghe

 
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Hervé Trioreau



Inscrit le: 25 Aoû 2006
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MessagePosté le: Mercredi 30 Août 2006, 12:37    Sujet du message: André Kertész vs Gordon Matta-Clark vs Pierre Huyghe Répondre en citant



André Kertész
Plaque cassée
Paris, 1929





Gordon Matta-Clark
Conical Intersect
1975



Light Conical Intersect
Pierre Huyghe
anti-intervention/anti-event, Paris, 1996


Poétique de la ville

Paris, signes et scénarios

du 27 juin au 17 septembre 2006

http://www.jeudepaume.org

Site Sully

Cette exposition est le troisième volet d'une exploration thématique des collections photographiques confiées à l'État et conservées par la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

Après les expositions Figures de l'acteur, de novembre 2004 à janvier 2005 (l'homme comme phénomène de cinéma), Images de marques, d'avril à mai 2005 (l'objet dans le processus publicitaire), c'est à présent la question de l'espace de la ville, Paris en l'occurrence, qui permet d'approcher ou de redécouvrir les œuvres de Daniel Boudinet, Marcel Bovis, Denise Colomb, André Kertész, François Kollar, Roger Parry, René-Jacques, Bruno Réquillart et Raymond Voinquel.



André Kertész
Plaque cassée, Paris, 1929


Troisième volet d'une exploration thématique des collections photographiques confiées à l'État et conservées par la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine — après les expositions Figures de l'acteur (l'homme comme phénomène de cinéma, novembre 2004-janvier 2005) et Images de marques (l'objet dans le processus publicitaire, avril-mai 2005) —, la présente exposition aborde la question de l'espace de la ville, en l'occurrence Paris.

Elle permet d'approcher ou de redécouvrir les œuvres de Daniel Boudinet, Marcel Bovis, Denise Colomb, André Kertész, François Kollar, Roger Parry, René-Jacques, Bruno Réquillart et Raymond Voinquel.

Tous ont vécu à Paris, tous l'ont arpentée, scrutée, façonnée comme un inépuisable matériel d'inventions visuelles.

Ainsi, de leurs déambulations, de jour comme de nuit, dans la perspective de la "trouvaille", du motif photogénique, est née, volontairement ou indirectement, une poétique de la ville.

Le parcours de l'exposition, en privilégiant la notion de distance ou d'attitude du photographe face aux espaces urbains (l'immeuble, le monument, la rue, le quartier, la place, le boulevard, etc.), dessine une cartographie fragmentaire et subjective d'un Paris du XXe siècle.

Dans la sélection proposée, l'événement et la narration restent en suspens, l'homme n'est pas le sujet principal, il n'est qu'un alibi mis en image pour structurer un environnement beaucoup plus vaste : des ombres traversant une chaussée humide chez François Kollar ; un couple vu de dos à la vitrine d'un snack chez Marcel Bovis ; une figure féminine prise devant le panorama de Montmartre chez Bruno Réquillart…

Visions d'ensemble de la ville

La première section de l'exposition propose une vision globale de la capitale et dresse une typologie de signes strictement parisiens : ses monuments, ses toits, ses immeubles, ses places, ses rues, ses enseignes et ses affiches, ses "matières" (pavés, grilles métalliques), ses habitants, ses passants dans leurs rapports à l'espace public et dans leurs déplacements.

Précieuse documentation sur l'architecture, les sites et les rythmes de la ville, elle s'inscrit dans une rhétorique et une expérience de la ville propre à chaque photographe. Généralement les points de vue des toits de Paris offrent une vision panoramique et dominante de la ville (comme chez Roger Parry), mais, sous le regard d'André Kertész, ils deviennent l'occasion d'agencements de pans inclinés ou de conduits en zinc et de rigoureuses constructions abstraites.

Ce que retient Raimond Voinquel, quant à lui, c'est l'atmosphère d'un Paris noyé sous les fumées de ses cheminées.

Marcel Bovis et René-Jacques, inlassables arpenteurs des quartiers parisiens, dressent — dans une tradition qui remonte à Charles Marville et Eugène Atget —, un inventaire d'éléments urbains d'après-guerre constitué de kiosques, d'enseignes, de bancs, de véhicules… Au-delà de l'enregistrement photographique, au-delà de l'accumulation de vues d'architecture ou de mobiliers urbains à des fins d'illustration ou d'archivage, ces deux photographes ont une même conception de la mise en scène du signe. En s'attardant sur l'ombre de la colonne de la Bastille, Marcel Bovis construit un rapport d'échelle opposant la gigantesque empreinte projetée de l'édifice à une minuscule automobile. En photographiant la Tour Eiffel à quelques mètres de distance, René-Jacques parvient à dissimuler le plus célèbre et le plus visible des monuments parisiens derrière un rideau de branchages.

Enfin, se distingue la lecture de la ville donnée par Bruno Réquillart, car, dans sa représentation de Paris, il procède méthodiquement par effets de séries ou par cadrages systématiques. Il interroge, à travers ses "constats" — comme ses vues frontales de rideaux métalliques de boutiques qui ont été collectées et mises en confrontation —, notre perception du signe et de l'espace urbain.

Photogénie et frontière de la ville

La production des photographes a largement alimenté la très riche iconographie de la capitale et diffusé le sentiment d'une vision esthétiquement idéale de Paris. La seconde partie de l'exposition propose quelques exemples de variations et de scénarios de cette photogénie urbaine : la ville et ses métamorphoses atmosphériques (neige, brume, pluie), la ville nocturne, les reflets ou miroirs de la ville.

La pluie va agir sur le motif photographié en ajoutant des effets de miroitements et de brillance, avec la neige, le temps se trouve ralenti, voire figé, la démarche des passants devient plus lourde et plus incertaine et les valeurs de noir et de blanc vont s'inverser.

La vision nocturne, par son inversion des valeurs formelles et morales, est le parfait contrepoint du quotidien photographié au grand jour (on pense à la préface signée par Paul Morand pour le Paris la nuit de Brassaï). Apparaît alors, sous l'œil de Marcel Bovis et de Raymond Voinquel, une ville silencieuse faite de recoins cachés, de portes cochères discrètement entrouvertes ou, bien au contraire, une ville grouillante, celle des néons, des sorties, des bars et des night-clubs. On notera que Raymond Voinquel, dont la carrière de photographe s'est déroulée en grande partie sur les plateaux de cinéma, transforme volontiers l'espace urbain nocturne en un décor de scénario dramatique ou de film noir. Daniel Boudinet, dont les images ont toutes été prises entre 2 h et 4 h du matin, propose quant à lui une déambulation dans une ville endormie et désertée de ses habitants.

Paris est aussi une ville irréelle et immatérielle qui se reflète dans les vitrines des magasins, dans les miroirs ou les flaques d'eau — flaques utilisées par Denise Colomb pour renvoyer une image fugace et parcellaire de la ville et de ses signes identitaires (des édicules de métro par exemple). Parmi ces "reflets de la ville", une vue panoramique où André Kertész sublime le Nord de Paris par le biais d'une plaque cassée, accident du dispositif photographique.

Enfin, notion subjective et mouvante, qui varie selon les angles d'approche et les époques, la limite du territoire parisien se découvre avec les terrains vagues de la porte de Clignancourt, les zones quasi industrielles de La Villette…
Aux frontières de la ville, apparaissent peu à peu les preuves perceptibles d'un changement d'urbanisme qui se manifeste par d'autres signes, d'autres scénarios que ceux qui, propres à Paris, contribuent à la poétique si particulière de la ville.

---

Gordon Matta-Clark
Sous-sols de Paris
1977


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