Airs de Paris Index du Forum

Retour à l'accueil - Connexion - Groupes d'utilisateurs - S'enregistrerProfilRechercher - Liste des Membres - Se connecter pour vérifier ses messages privés - FAQ

Bibliographie sélective

Quand y a-t-il architecture ? (1)

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Airs de Paris Index du Forum -> Nouvelles perceptions, nouveaux affects
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Jean Louis Violeau



Inscrit le: 24 Aoû 2006
Messages: 4

MessagePosté le: Mercredi 13 Septembre 2006, 11:53    Sujet du message: Quand y a-t-il architecture ? (1) Répondre en citant

En 2005, nous avons mené, Monique Eleb, Soline Nivet et Jean-Louis Violeau, une recherche exploratoire sur la question du jugement et de ses cadres et modalités de formulation dès lors qu'il était question d'architecture. Nous avons souhaité prendre en compte « l’exposition à l’architecture » des sujets, comme un donné à étudier qui ouvrait à la compréhension d’un univers de référence.

L’ « exposition à l’architecture » pouvait être consciente ou non, et revendiquée ou non :
- Plus ou moins « consciente » lorsque le cadre de vie a été médiatisé. (Les éphémères maisons-témoins – Rénov / Parc de la Villette, Hiver-été 2004)
- Relativement « ignorée » : certains, qui habitent des logements - sociaux ou non - de « qualité » n’ont pas pour autant conscience de l’évaluation positive qui en a été émise depuis des univers qui leur sont étrangers. (La tour Occident à la Place des Fêtes (Paris 20e))
- « Camouflée » par d’autres phénomènes. Ceux qui sont prêts, par exemple, à patienter toute une nuit pour attendre l’ouverture du bureau de vente d’un promoteur qui a organisé la pénurie pour faire émerger le « privilège » d’habiter un immeuble et qui attribueront volontiers ce privilège à d’autres facteurs qu'à une éventuelle « qualité » architecturale. (L’immeuble Apollonia 2 à Courbevoie)

Cette recherche a été menée pour le compte de la Mission du Patrimoine ethnologique, Ministère de la Culture / Direction de l'architecture, dans le cadre du laboratoire ACS (Architecture-Culture-Société), Ecole d'archi Paris-Malaquais / UMR CNRS 7136 AUS. Nous l'avions initulée : "Entre goût et opinion, construction d'un parcours et construction d'un jugement."

Nous souhaitons participer à ce forum dont les débats nous ont - déjà - semblé rejoindre bien des questions que nous nous sommes posés tout au long de ce travail.

Voici le plan du rapport, tel que nous l'avons rendu :

I - Apprendre à ne pas dire l’architecture

Questions de langage : la réponse post-moderne
Les figures rhétoriques de « l’incompétence »
Espace décrit, usages et affects
Eviter d’avoir à parler de l’enveloppe de l’immeuble ou de la maison
Déplacements sémantiques, déplacements affectifs : sociabilité et proximité, de la tour au « village »
Maisons d’architecte / maisons de constructeur
Les « genres » : limites floues, frontières vives
Le genre : catégorie inclusive ?
Classique, banal et quelconque : neutre en un mot ?
Le neutre : le sans genre comme construction savante
-------------------------------

II - Des ambiguïtés, des discours

L’unifié et le décoré, l’intégré et le lisse
Le lisse
L’influence du parcours
Moderne et modernité
Epuré
Géométrique
Moderne par les matériaux
Intérieur / extérieur
Affirmation d’une identité sociale
Le symbole de la tour
Typologies
Fonctionnalité, confort et dispositifs
Dispositifs et mise en jeu sensorielle
-------------------

Conclusion Quand y a-t-il architecture ?

Il y a architecture quand elle est « travaillée »
Il y a architecture quand il y a « intention »
…mais cette intention est aussi une forme d’autorité
L’architecture ? « Ce n’est pas pour nous ! »
L’Architecture, forcément monumentale ?
La tempérance

Et puis peut-être le début de la première partie où nous avions vraiment posé nos hypothèses, en citant au passage Benjamin, presque comme il se doit :

"... Nous reprendrions ici volontiers ce qu’a dit Walter Benjamin de l’architecture comme « prototype d’une œuvre d’art perçue de façon à la fois distraite et collective » : plutôt que de « contemplation », il conviendrait alors de parler de « réception tactile, c’est-à-dire d’accoutumance. Or, l’homme distrait est parfaitement capable de s’accoutumer ». Pour préciser notre point de vue, il ne s’agit pas seulement d’accoutumance puisque l’espace nous procure aussi des sensations liées à nos mouvements, qui nous touchent et nous transforment et sans que nous en soyons toujours conscients et sans que nous nous sentions amenés – ou encouragés par un tiers - à verbaliser à ce sujet. Ce texte célèbre de Benjamin, écrit en 1935 pour sa première version, L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique, synthétise en quelques phrases bien des constats qui seront développés ici, en premier lieu cette idée (commune) qui veut que les édifices fassent l’objet d’une « double réception : par l’usage et par la réception », entre « réception tactile et réception visuelle », la première écartant, de fait, la dimension contemplative pour privilégier l’accoutumance, à l’inverse de la seconde. Et Benjamin de poursuivre en remarquant que c’est précisément l’accoutumance qui « régit même, dans une large mesure, la réception visuelle de l’architecture, réception qui, par nature consiste bien moins dans un effort d’attention que dans une perception incidente », une perception qui bien qu’involontaire (subliminale) laisse des traces dans la mémoire. ..."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Dorothée Dupuis
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 01 Fév 2006
Messages: 4

MessagePosté le: Mercredi 13 Septembre 2006, 16:14    Sujet du message: La Tour des Minguettes est un bon exemple Répondre en citant

Je poste à ce sujet des informations sur le projet de Jean Pierre Raynaud, "La tour des Minguettes".
Il me semble que c'est un bon exemple de différence de perception flagrante entre le souhait des pouvoirs publics qui font appel à des artistes pour réhabiliter des zones urbaines soit disant dépréciées, et les habitants des dits quartiers qui ne comprennent pas les projets proposés, ou même les rejettent au point que le projet ne soit pas réalisé (ce qui fut le cas pour celui de Raynaud).

article cité de:
http://www.culture.gouv.fr/rhone-alpes/dossier/cp/site_flash/a68_main.htm



"La volonté exprimée en 1984 par la Ville de Vénissieux de modifier l'../images négative du quartier des Minguettes, meurtri par les graves évènements sociaux des étés 1982 et 1983, rejoignait la politique engagée par le ministère de la Culture en direction des quartiers en difficulté( programme de Développement Social des Quartiers) ainsi que le souci du président de la société de HLM Logirel, Jean-François Rajon, de contribuer, par un signe Culturel fort, au mieux vivre des habitants.
Pour Jean-Pierre Raynaud, lauréat de la consultation : " le projet de la tour des Minguettes, tel que je le vis, ne saurait être seulement un objet de délectation esthétique. Elle [la tour] est une réponse violente à une situation donnée d'une égale violence ".
Au printemps 1986, le refus de permis de construire signait le premier arrêt du projet qui était engagé dans une lente traversée du désert, durant laquelle dès lors on vit s'entremêler, parfois de manière inextricable, la réserve, voire la frilosité des politiques, localement ou en haut lieu, l'incompréhension des Vénissians largement encouragée par certains détracteurs, le soutien infaillible du propriétaire, la patience de l'artiste et son indéfectible disponibilité, ainsi que la foi d'un certain nombre de militants de l'art contemporain.

La ténacité de l'artiste, celle de quelques représentants de la Ville et de l'Etat, le firent resurgir comme élément phare du programme de réhabilitation élaboré selon une logique " d'économie urbaine " pour le quartier déserté Démocratie, sur ce même plateau des Minguettes. Des incompréhensions, des tiraillements de toutes natures, des atermoiements administratifs et politiques auront, une fois encore, raison de ce grand projet urbain. Un certain 11 octobre 1994, le projet de la Tour Blanche à nouveau " s'effondra " avec les dix tours de Démocratie!

Quelques tentatives effectuées par la Mission 2000 pour rouvrir le dossier, se heurtèrent à un manque de courage de la part des pouvoirs publics et restèrent sans suite.

Aujourd'hui, une œuvre qui fait référence au projet de la Tour Blanche, a été achetée par la société Logirel, - avec l'accord du ministère de la Culture -, à l'artiste. Elle est entrée le 17 septembre 2000, pour un dépôt à long terme, dans la collection du Musée d'art contemporain. Elle rappelle l'immense ambition que contenait le projet pour notre société malade de ses banlieues."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Airs de Paris Index du Forum -> Nouvelles perceptions, nouveaux affects Toutes les heures sont au format GMT
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum

Tous droits réservés aux auteurs des textes

Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com